LA MANIFESTATION 5 ET 6 MARS 2005
Sur la plage du Soleil, de nombreuses tentes en toile blanche formaient un bivouac reconstitué à l'authentique, abritant les troupes françaises et étrangères. Durant deux nuits, la température est descendue jusqu'à -3°. Véritables nuits d'été comparées à celles de la Campagne de Russie, en 1812 ! Tandis qu'il neigeait sur la majeure partie de la France, le ciel de Golfe-Juan fut le plus souvent ensoleillé, avec toutefois une averse de neige fondue, voire de grêle, en fin d'après-midi de samedi, alors que les troupes défilaient aux flambeaux dans les rues de la ville et un fâcheux assombrissement du ciel, accompagné d'un vent frais, lors de la reconstitution du débarquement de l'Empereur, le dimanche après-midi. Vraiment pas de quoi décourager nos grognards, ni l'Empereur, ni même les spectateurs. Une cinquantaine d'exposants et associations étaient regroupés sous tentes sur le parking du Vieux Port, formant le "village napoléonien". Citons entre autres, les délégations du Souvenir Napoléonien des Alpes-Martimes (Maître Marie France Pisella) et de Provence (Dr Jean-Baptiste Renucci), l'A.N.E.R.N (Association Nationale des Elus de la Route Napoléon), l'Association Française Napoléonienne, l'Association des Amis du Musée Napoléonien de La Havane (Cuba), l'Association Les Vosges Napoléoniennes, les Editions Napoléon (Guy Lecomte), les Editions Arcades (Franck Ricordel), la librairie Napoléon à Corps (livres anciens), Est'Capade (Relations culturelles et touristiques), etc. Les amateurs de gravures ou encore de figurines Empire trouvaient leur bonheur sur d'autres stands bien achalandés. Les vieux métiers d'autrefois ont suscité un véritable engouement auprès des plus jeunes, avec la présence d'un cardeur de laine, un tailleur de pierre, d'un forgeron et d'un potier. Au stand de Madame Camille Feldman, on pouvait battre monnaie sur une véritable presse au balancier et repartir avec une superbe pièce frappée de l'Aigle Impérial et millésimée Golfe-Juan 2005. Sur une scène dressée en plein air, les comédiens de France Comedy offrirent au public de larges extraits de "Défiance et Malice", pièce de Michel Dieulafoy, créée en 1801 à la Comédie Française et jouée dans les salons de Joséphine de Beauharnais. A l'issue de la représentation, Corinne Boujasson et sa troupe furent chaleureusement applaudies. Du théâtre à la danse, le pas fut franchi par les "Danses Impériales d'Ajaccio" qui ouvrirent en soirée, le bal des grenadiers sous la tente impériale. (En décembre dernier, à Ajaccio, cette troupe composée d'amateurs, rendit un fort bel hommage à Napoléon en reconstituant la cérémonie du Sacre du 2 décembre 1804, en plein air et devant un large public.). Ce bal fut encore réhaussé par les prestations musicales de la prestigieuse Tête de Colonne du Premier Régiment de Grenadiers à pied de la Garde Impériale de Dijon, constituéé d'une soixantaine de musiciens. Sur la plage du Soleil, les chasseurs à cheval du Xe escadron ont offert au public une séance d'entraînement de maniement de sabre, commentée par M. Alain Pigeard, historien et conférencier, auteur de nombreux ouvrages sur l'épopée impériale. Appelée "Course de Têtes", cet entraînement consiste pour le cavalier, à charger au triple galop, d'innocents choux placés en haut de piques plantées dans le sol et à les sabrer. Ainsi s'entraînaient autrefois nos cavaliers d'élite, avant les combats.  Après cette prestation d'adresse, infanterie et artillerie vinrent occuper la plage afin de se livrer à un simulacre de bataille. Charges et tirs de canons donnèrent un aperçu de ce que furent les guerres napoléoniennes. Dès qu'un homme tombait, le Service de Santé de la Grande Armée se précipitait pour soustraire le malheureux blessé aux combats et le ramenait vers l'arrière pour lui prodiguer les soins nécessaires à son état.
 Dimanche après-midi, vint la reconstitution du débarquement de l'Empereur (incarné par le comédien Pierre Martinez.). Mer calme. Au mouillage, le brick l'Inconstant, battant pavillon de l'Île d'Elbe. A son bord, l'Empereur, accompagné des généraux Bertrand, Cambronne et Drouot. On amène le pavillon blanc et rouge aux trois abeilles et on hisse le drapeau tricolore. L'Empereur ôte la cocarde elboise de son chapeau et la remplace par la cocarde Bleue, Blanc, Rouge... Une chaloupe est mise à la mer. Y descendent les trois généraux qui foulent le sol français les premiers. La chaloupe s'en retourne vers le brick. L'Empereur quitte l'Inconstant et se tient debout sur la frêle embarcation. Sur la plage, un pêcheur reconnaît la célèbre silhouette. Il s'agit de Pierre Moulac, un ancien marin de la Garde. Sans hésiter, il s'avance dans l'eau froide pour aider au guidage de la chaloupe. Le 1er mars 1815, en l'apercevant, Napoléon lâcha: "La mer nous vomit des héros !" Enfin, Napoléon pose le pied sur la plage de Golfe-Juan et salue le public qui l'acclamme aux cris de "Vive l'Empereur !" Il passe alors en revue toutes les troupes avant de prononcer sa célèbre proclamation. Puis, vient l'heure du départ. Par où passer pour rejoindre Paris au plus vite ? La Provence ? Jugeant sa population trop royaliste, l'Empereur opte pour les Alpes. Il monte alors son cheval "Tauris", acheté en 1809 en Russie et part en direction de Cannes. |